Le kobudo du Bujinkai est celui de l’école Matayoshi, transmise sans interruption depuis Okinawa. Cette page retrace le parcours de Sensei Kenyu Chinen, qui a introduit l’école en France, et celui de Thierry Michel, formé sous sa direction pendant trente-cinq ans. Pour les biographies de Matayoshi Shinko et Shinpo, voir la page Kobudō.

Sensei Kenyu CHINEN Hanshi 10è Dan

Le développement et la transmission

Cours de Kobudo traditionnel d'Okinawa au Bujinkai Strasbourg
Entraînement de Kobudo Matayoshi au Bujinkai Strasbourg

Me Kenyu CHINEN est né en 1944 sur l’île d’IE, située à Okinawa, au Japon. En 1963, il commence la pratique du Kobudô (l’art martial des armes traditionnelles d’Okinawa) sous la direction de Me Shinpo MATAYOSHI, un célèbre maître de Kobudô 10e Dan, ainsi que du Karate Do Shôrin Ryû avec Me Shuguro NAKAZATO, un autre grand maître d’Okinawa.

En 1976, Me Kenyu CHINEN décide de quitter le Japon pour venir en France et transmettre les enseignements de Me Shinpo MATAYOSHI. Depuis, il a consacré sa vie à l’enseignement du Kobudo et du Karate Do Shorin Ryu en France et en Europe.

Me Kenyu CHINEN, qui a atteint le grade de Hanshi (10e Dan) en Kobudo, le plus haut grade possible dans cette discipline, a joué un rôle essentiel dans la transmission du savoir traditionnel du Kobudo. Il a formé de nombreux instructeurs, dont Thierry MICHEL, à qui il a transmis ses connaissances approfondies.

Le style de Kobudo transmis par Me Chinen à notre professeur Thierry MICHEL, est caractérisé par des techniques de combat avec des armes traditionnelles telles que le bō (bâton long), le sai (trident), le tonfa (bâton de police), le nunchaku (chaine avec deux bâtons) et le kama (faucille). La méthode est basée sur les principes de l’efficacité, de la fluidité et de la précision, ainsi que sur la transmission des valeurs de l’art martial telles que le respect, la discipline et la persévérance.

Sensei Thierry MICHEL, Renshi 5è Dan

Sensei Thierry Michel pratiquant le kama (faucilles) — arme traditionnelle du Kobudo Matayoshi
Sensei Thierry Michel pratiquant le bô (bâton long) — arme traditionnelle du Kobudo Matayoshi

La nouvelle génération

Sensei Thierry Michel a découvert le Kobudo d’Okinawa en 1987, à l’âge de 15 ans, sous la tutelle de son premier professeur, Maître Jacques Boissy. Ce dernier lui a enseigné les bases de cet art martial, notamment le maniement du bâton long (Bō), du Tunkuwa (Tonfa) et du Saï. En 1989, encouragé par Maître Boissy, Sensei Thierry a participé à son premier stage de Kobudo d’Okinawa à Thonon-les-Bains, dirigé par le Grand Maître Kenyu Chinen.

Cette expérience, ainsi que sa rencontre avec Sensei Chinen, ont été décisives pour Sensei Thierry, qui a alors décidé de s’investir pleinement dans l’étude du Kobudo traditionnel d’Okinawa. En 1990, Maître Boissy lui confie la direction de son dojo, permettant à Sensei Thierry de devenir officiellement professeur de Kobudo et de suivre directement l’enseignement de Sensei Chinen.

En 1991, à la demande de Sensei Chinen, Sensei Thierry s’est rendu pour la première fois à Okinawa. Pendant plus d’un mois, il a suivi les entraînements de Sensei Chinen, mais surtout ceux du Grand Maître Shimpo Matayoshi et de ses élèves les plus gradés, tels que Sensei Yamashiro, Sensei Gakiya, Sensei Ishiki et bien d’autres. C’est à cette occasion que Sensei Thierry a été initié pour la première fois au Kingai Ryu de l’école Matayoshi. Par la suite, Sensei Chinen a enseigné à Sensei Thierry la finesse et la richesse des techniques du Kingai Ryu, à travers le Kata Hakaku (白鶴 = Grue Blanche).

Depuis 2001, Sensei Thierry enseigne la richesse des Kata de Kobudo d’Okinawa et leurs applications (Bunkai Oyo) dans son propre dojo à Strasbourg.

En 2015, grâce au soutien de Sensei Chinen, Sensei Thierry réalise son rêve de devenir professionnel dans les arts martiaux d’Okinawa, ce qui lui permet de consacrer tout son temps à l’étude, la pratique et l’enseignement de son art.

Continuation et Évolution

Aujourd’hui, Sensei Thierry poursuit sa recherche et oeuvre pour la transmission du Kobudo des Matayoshi au sein de son Dojo Bujinkai Strasbourg. Il enrichit encore davantage son expertise et son savoir-faire, assurant ainsi que l’enseignement du Kobudo reste fidèle à ses racines tout en évoluant avec les pratiques modernes.

Le dojo Bujinkai Karaté Kobudô Strasbourg continue de prospérer, offrant un enseignement authentique et complet du Kobudo d’Okinawa. Grâce à cette lignée de maîtres et à l’engagement de Sensei Thierry, les élèves du dojo bénéficient d’une transmission directe et ininterrompue des techniques et des philosophies de cet art martial ancestral.

Calligraphie japonaise — kanji du Kobudo Shorin Ryu

Calligraphie réalisée par Sensei CHINEN Hanshi pour Thierry MICHEL lors de son premier stage à Thonon-les-Bains en 1989. Les kanji représentent « Sho-shi » (初志) est un mot composé de deux kanjis : « Sho » (初) qui signifie « début » ou « premier », et « Shi » (志) qui signifie « volonté » ou « intention ». Sensei Chinen a utilisé l’expression « Sho-shi » pour inciter Thierry MICHEL à se remémorer ses motivations et aspirations premières, et à maintenir son engagement envers ses objectifs, malgré les difficultés ou les tentations qui pourraient se présenter. Aujourd’hui, ces mots continuent d’inspirer Thierry MICHEL dans sa mission de transmettre le savoir du Kobudo traditionnel d’Okinawa à un large public.

Calligraphie japonaise personnalisée pour Sensei Thierry Michel

Sensei CHINEN a l’habitude de donner une version en Kanji du prénom de ses plus proches élèves en fonction de la prononciation, du caractère de la personne, de son importance, etc. Les kanji ci-dessus représentent le prénom THIERRY que Sensei CHINEN a donné à Thierry MICHEL en 1991 lors de son premier voyage à Okinawa.  Le premier est « CHI » 知 qui peut se traduire par « savoir » ou « connaissance », mais c’est surtout le premier kanji du nom « CHINEN ». Le second est « E » 江 qui signifie « rivière » ou « fleuve », il est couramment utilisé dans les noms géographiques au Japon, tels que des noms de villes, de rivières ou de régions. Il est également utilisé dans des expressions poétiques pour évoquer le paysage ou la nature. C’est aussi le kanji que l’on retrouve dans « IE JIMA », l’île proche d’Okinawa où est né Sensei CHINEN. Enfin « RI » 利 signifie « avantage » ou « profit », cependant il peut être interprété comme la capacité de prendre des décisions rapides et efficaces pour obtenir un avantage ou un profit. Le kanji de la parole à droite représente la communication ou l’expression verbale, qui peut suggérer la capacité de communiquer efficacement pour obtenir des avantages.

Notre professeur Thierry MICHEL 知江利 est fier du nom en Kanji que lui a donné Sensei CHINEN mais il le rend aussi humble dans sa pratique et avec ses sempai et ses élèves.


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